AN AMERICAN SUMMER - PART 11
Qu’on les déteste ou les adore, les livres de Dennis Cooper produisent toujours un choc.
Lauréat du Prix Sade 2007, cet écrivain américain sulfureux mêle en effet sexe et violence comme peu de personnes ont osé les décrire. On s’attendait d’ailleurs à le rencontrer dans un endroit un peu glauque mais c’est au contraire dans le cadre idyllique du jardin du Couvent des Récollets, où il est actuellement en résidence et planche sur plusieurs projets de pièces de théâtre et romans, qu’il nous reçoit. Vêtu d’un pull à capuche, T-shirt et jeans larges et arborant un sourire timide et sincère, Dennis Cooper est loin du monstre imaginé par nombre de ses détracteurs. Enchaînant doubles expressos et cigarettes, il nous parle avec enthousiasme de ses multiples facettes d’écrivain, éditeur, blogger et journaliste artistique, sur sa collaboration prolixe avec la chorégraphe, metteuse en scène et faiseuse de marionnettes Gisèle Vienne, mais aussi - en fin observateur de la scène underground - de ses derniers coups de cœur artistiques et bien évidemment de sa vision de la France et de sa capitale.
Dennis, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis écrivain de nouvelles, poésie et récemment de pièces de théâtre. Originaire de Los Angeles, où j’ai passé la majeure partie de ma vie, j’habite à Paris depuis 4 ans…Je suis aussi éditeur de bouquins et d’autres trucs comme ça ( rires )
Quand et pour quelles raisons t’es-tu installé à Paris ?
Mon ami, qui est Russe, s’était vu refusé deux fois un Visa pour les Etats-Unis et cela commençait à devenir problématique pour notre relation. Gisèle Vienne avec qui je devais alors présenter une pièce en Avignon souhaitait que je passe plus de temps en France pour faciliter notre collaboration. Du coup, la France et Paris sont apparus comme une possibilité...P.O.L., ma maison d’édition française, fut d’un grand soutien lorsque nous avons décidé de franchir le pas et de venir nous installer ici. Ce sont des gens incroyables et extrêmement encourageants ; une équipe de vrais passionnés !
Après être resté quelques temps dans un hôtel rive gauche puis dans un loft prêté par des amis, j’ai été accepté en résidence au Couvent des Recollets. Les personnes qui s’en occupent connaissaient mon travail et étaient très enthousiastes à l’idée que j’intègre ce programme. Paris m’apporte beaucoup puisque je suis francophile depuis mon plus jeune âge mais, même si ça fait 4 ans que j’habite ici, je suis toujours étonné et agréablement surpris par ce que j’y vois !
Dennis Cooper ©2009 Jean-Marc Ruellan / mutebook.com
En quoi ton dernier livre « Ugly Man » (déjà paru aux US chez Harper Perennial et qui doit paraître en France chez P.O.L.) est différent de tes ouvrages précédents, notamment du George Miles Cycle ?
Ugly Man est un recueil de nouvelles et d’histoires très courtes, volontairement écrites dans un style comique. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant. En effet, j’ai toujours utilisé l’humour dans mon travail mais ce n’était jamais direct, je m’en servais pour relaxer et distraire le lecteur afin de pouvoir glisser quelque chose de beaucoup plus dur tant que celui-ci était vulnérable. C’est ce que je faisais dans le George Miles Cycle. Je m’intéresse en effet à des choses très dérangeantes - même si je ne les vénère pas – et mes sentiments par rapport à la violence ou au sexe sont très confus. Il y a une part de moi-même qui me dit que c’est ridicule d’être si intéressé par ce genre de choses, qu’il ne faut pas les prendre trop au sérieux…Ecrire sur ces sujets est en quelque sorte un moyen d’y donner une réponse honnête et spontanée. L’humour est un des outils qui me permet de pouvoir mieux les aborder. Mais l’humour n’est pas quelque chose de nouveau pour moi puisque, étant jeune, avant de découvrir la littérature française et de commencer à écrire ces choses bizarres, je rédigeais déjà de petites parodies au lycée. Pour Ugly Man, cela m’a semblé une bonne idée d’expérimenter avec ça, de mélanger les choses qui m’intéressent avec de la comédie, qui est une forme particulière nécessitant que l’écriture soit fine et immédiate…Tu ne peux pas trop compliquer le style sinon cela ne prend pas. C’était intéressant de mélanger cet aspect comique avec des passages extrêmement noirs et durs.
Vidéo : Ugly Man
Peux-tu revenir sur Jerk, la première nouvelle d’Ugly Man, que Gisèle Vienne et toi avez adapté pour le théâtre ? Plus précisément, qu’est-ce qui t’a intéressé dans ce fait divers basé sur les agissements de Dean Corll, serial killer américain des années 70 ?
A l’époque où Dean Corll a commis cette série de meurtres, j’étais jeune et m’intéressais à ces trucs là. Ce personnage très obscur était le premier serial killer de mon époque. Il y avait clairement quelque chose d’érotique dans ces meurtres (ndlr : Corll a torturé, violé, mutilé et assassiné une trentaine de jeunes adolescents). Cette histoire a clairement eu un impact sur moi lors de mon adolescence. J’avais lu Sade et autres mais n’avais jamais eu d’illustration réelle et contemporaine de ces écrits. Ces meurtres d’adolescents me touchaient et j’avais toujours voulu faire quelque chose de cette histoire. En 1993, on m’avait proposé de faire une collaboration avec l’artiste Nayland Blake qui travaillait alors avec des marionnettes. On a donc décidé de créer une histoire où l’un des ados qui aidait Corll à tuer ses victimes se retrouverait en thérapie et raconterait ces crimes au travers d’un spectacle de marionnettes…Je pensais que c’était une idée amusante et c’est comme cela que Jerk est né.
Avais-tu déjà le théâtre en tête à l’époque ?
Non, pas du tout ( rires ). J’avais d’ailleurs presque oublié Jerk lorsque Gisèle Vienne, qui avait toujours apprécié cette nouvelle, m’a approché en me disant qu’elle voulait en faire quelque chose. Lorsque France Culture nous a commissionné une œuvre, nous avons décidé d’adapter Jerk en création radiophonique avant d’en faire une pièce pour le théâtre - toujours selon l’idée de Gisèle.
Vidéo : Jerk
Tes livres sont réputés pour être difficiles et dérangeants…Comment réagis-tu à cela ?
Mes livres sont ce qu’ils sont…Il y a des gens qui les adorent et d’autres qui ne peuvent pas les lire car ça les dérange. J’essaye toujours d’exprimer des sensations, émotions, sentiments, événements et idées que le langage a du mal à communiquer. J’ai toujours voulu travailler là-dessus car ce genre de choses est soit écrit avec distance, soit illustré dans des films d’horreur. Dans la littérature française, il y a une histoire et une tradition d’écrivains transgressifs et respectés mais d’où je viens, ce n’est pas le cas, si ce n’est quelques exceptions comme Burroughs par exemple. Les gens croient toujours que je veux choquer, mais en fait c’est l’opposé, j’essaye de renverser l’effet de traumatisme et de créer un sentiment de sympathie avec ces personnages et situations. J’incite le lecteur à y réfléchir et à aller au-delà du simple choc. Mais en même temps, je ne peux influer sur le pouvoir qu’ont ces choses, je leur laisse leurs pleine force érotique. Pour cela, j’utilise un style et un langage spécifiques afin de pouvoir exprimer ces choses d’une manière claire sans être enfermé dans un schéma narratif classique ou dans une histoire conventionnelle et ennuyeuse.
Tu dis que la France possède une certaine tradition d’écrivains subversifs. Penses-tu que tes livres soient de ce fait mieux acceptés en France qu’aux Etats-Unis ?
En France, les gens ont l’air de comprendre plus facilement ce que j’essaye de faire. Aux US, les gens connaissent un peu mieux mon travail maintenant, mais au début, personne ne comprenait ce que je faisais. Mon travail est expérimental et les américains n’ont pas cette tradition, cet intérêt et cette compréhension de ce type d’oeuvres. Même le New York Times n’arrive pas à me faire des critiques sérieuses. Ils se contentent de faire des commentaires banals : « Dennis Cooper fait ci, il le fait très bien et voilà… ». En France, j’ai l’impression que les critiques vont plus loin dans l’analyse, que ce soit en positif ou négatif…ils ne se contentent pas de dire « Oh mon dieu, ce travail est choquant, dérangeant, répulsif, c’est inadmissible que quelqu’un puisse écrire des choses pareilles… » ( rires ). Cela n’arrive presque jamais en France alors que c’est chose commune aux US.
Quel est le plus fascinant : le sexe ou la violence ?
Si je devais choisir, ce serait probablement le sexe. Mais je suis intéressé par les deux quand ils sont combinés. Ce sont deux pulsions complètement irrationnelles et extrêmement intimes, incroyablement fascinantes et très difficiles à représenter lorsqu’elles sont ensembles. C’est vraiment cette combinaison des deux qui m’intéresse dans mon travail.
Es-tu fatigué d’être comparé à Sade, Burroughs, Genet ?
Oui, mais bon, qu’est ce qu’on peut y faire ! ( rires ). Si Sade a changé ma vie, je n’ai jamais été un grand fan de Burroughs, par contre j’aime bien Genet même si je le rejetais quand j’étais jeune. Je sais comment sont les journalistes - puisque j’en étais un moi-même : on doit lire un livre rapidement et pondre une critique dans la foulée, il y a parfois peu de temps pour la réflexion…
Crois-tu que cela risque d’empirer avec internet ?
Non, au contraire, c’est beaucoup mieux, on trouve des choses incroyables sur le net ! Lorsqu’Ugly Man est sorti aux US, les meilleurs articles que j’ai vus n’étaient pas dans la presse papier mais bien sur des blogs.
Peux-tu nous parler de ta collaboration avec Gisèle Vienne et des projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?
Nous sommes en train de préparer notre cinquième pièce qui sera présentée en Avignon l’an prochain. C’est un peu stressant car Jerk fut un vrai succès, le travail de Gisèle est très « hot » en ce moment, elle est beaucoup demandée et les attentes sont élevées. Or, cette pièce est vraiment différente, certaines personnes risquent d’ailleurs de la détester…On met beaucoup dans la balance et pour être honnête j’ai un peu peur pour Gisèle vu les risques artistiques que l’on prend… En tout cas, cette collaboration a clairement affecté la manière dont j’écris, cela m’a beaucoup apporté.
Dennis Cooper ©2009 Jean-Marc Ruellan / mutebook.com
Plus précisément, comment se passe votre processus créatif ? Est-ce que vous vous basez toujours sur tes écrits comme ce fut le cas pour l’adaptation de Jerk ?
Jerk est particulier car c’est un texte qui existait déjà. En général, on commence par discuter du thème, des personnages, du décor, des effets, de l’ambiance, des mouvements. On effectue une sorte de brainstorming, puis j’écris…Mais c’est un vrai travail de collaboration, on retravaille régulièrement et tout change en permanence.
Parlons de ton blog, il me semble que c’est un projet très important pour toi. Vois-tu ce travail comme un exercice littéraire complémentaire à tes nouvelles et romans ?
Oui, le blog fait partie intégrante de mon travail d’écriture et on peut dire que c’est mon projet principal ces temps-ci. J’étais peu convaincu avant de me lancer dans ce projet mais c’est devenu une vraie drogue, je passe énormément de temps dessus...
Tu fus entre autre editor pour Spin, magazine musical et Art Forum, publication artistique de référence aux États-Unis. Trouves-tu toujours le temps aujourd’hui de faire du journalisme ? Qu’as-tu pensé de la couverture médiatique de la mort de Michael Jackson ?
Il me faut beaucoup de temps pour écrire et arriver à un résultat qui me satisfait. De ce fait je n’ai malheureusement plus beaucoup de temps pour le journalisme, même si cela me manque.
Le personnage et l’image de Jackson étaient extrêmement complexes et obsédantes. Mais, la couverture médiatique de Sarah Palin m’a beaucoup plus révolté et énervé que celle de la mort de Michael Jackson ! Les médias sont horribles et fascinants à la fois, surtout aux Etats-Unis, et peuvent produire le pire comme le meilleur…
Comment vois-tu le futur du journalisme ?
J’ai du mal à imaginer un système où les journalistes seraient rémunérés uniquement en fonction de l’audience. Maintenant c’est un peu « free for all »…Personnellement je lis beaucoup de blogs et suis convaincu de l’intérêt de ceux-ci. Une chose est sûre, c’est que le journaliste ne sera jamais comme il était avant.
Tu es aussi un passionné de musique. As-tu vu des shows intéressants ces temps-ci ?
Le festival Présences Electroniques au 104 était super cool, il y avait beaucoup de gens intéressants. Malheureusement, je manque beaucoup de concerts que j’aimerais voir, comme celui de Sunn 0))) avec qui je travaille régulièrement...
Quelle est ton opinion sur la musique française ?
Sujet sensible ! ( rires ). Non sérieusement, je n’arrive pas à comprendre pourquoi les français n’arrivent pas à faire du rock. J’adore M83, Daft Punk, Air ou des gens comme Brigitte Fontaine, Philippe Katerine. Il y a aussi beaucoup de groupes de métal, d’électro ou de musique expérimentale extrêmement doués mais, en ce qui concerne le rock, c’est vraiment pas terrible…
Revenons aux Etats-Unis. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur ton séjour new-yorkais dans les années 80 ?
Le début des années 80 à New York fut une des meilleures périodes de ma vie. Il y avait énormément d’expérimentations artistiques, mon travail commençait à être de plus en plus reconnu et diffusé, Downtown et l’East Village débordaient d’énergie, de gens intéressants, d’écrivains, d’artistes, tout le monde se connaissait. C’était différent à mon retour d’Amsterdam en 85, le sida est arrivé et les trois-quart de mes amis en sont morts…Le tableau s’est subitement noirci. A la fin des années 80, les prix ont commencé à monter et depuis tout tourne malheureusement autour de l’argent, de la reconnaissance, de la réussite professionnelle…
Qu’en était-il du côté de l’édition ?
C’était plus facile, il y avait encore beaucoup de librairies indépendantes et on pouvait se pointer dans une librairie et dire : « Voilà j’ai ça, est-ce que tu veux le mettre en rayon ? » Maintenant il te faut un code barre, etc. Little Caesar Magazine and Press était très punk, je faisais tout moi-même, on n’avait pas tous ces ordinateurs, ces possibilités de design. De nos jours, ces choses underground se trouvent online.
Peux-tu nous décrire en quelques mots « Little House on the Bowery » dont tu t’occupes ?
Little House on the Bowery est une collection focalisée sur les écrivains émergeants et innovants d’Amérique du Nord. Il ne faut pas qu’ils aient publiés 2 livres aux US maximum. Je lis, demandes et reçois beaucoup de scripts. C’est très excitant même si cela me prend beaucoup de temps.
Tu disais à une époque en parlant des Pays-Bas : « Socialism is great for human stuff but sucks for art » ?
Oui, mais je pense que j’ai changé d’avis ( rires ). A l’époque, le système de soutien hollandais aux artistes était bancale, cela ne marchait pas. Ici, à l’exception des grosses institutions - qui de ce fait prennent moins de risques, notamment dans le milieu du théâtre que je suis amené à beaucoup fréquenter - je n’ai pas l’impression qu’il y ait tellement d’argent public pour soutenir l’art. J’ai d’ailleurs peur que le gouvernement Sarkozy coupe les aides à des lieux comme le 104 ou le Point Ephémère, deux lieux artistiques extrêmement intéressants et innovants.
Quel est ton point de vue sur l’art produit en France ?
Personnellement, je ne trouve pas que les arts visuels soient très bons ici. Ce qui se passe aux US est à mon avis plus riche, il y a plus d’expérimentations ; cela vaut aussi pour le théâtre. Je ne sais pas de quoi ça provient, peut-être de la taille des US, de la période Bush qui a poussé les artistes à se faire entendre…
Il me semble que tu prépares un livre dont le personnage principal est un jeune cannibale français de 23 ans. Peux-tu nous en dire quelques mots ?
Je voulais faire quelque chose sur le cannibalisme depuis un moment. On en trouve d’ailleurs déjà un peu dans Ugly Man. J’essayais aussi de m’éloigner du sexe car c’est très facile pour moi de le faire. Ce roman est également un hommage un peu particulier à la littérature française. Il sera assez chargé mais moins orienté vers le sexe et la dichotomie entre jeunes et vieux.
Tu as vécu à L.A., New York, Amsterdam, Paris…quelle est la prochaine étape ?
Idéalement, j’aimerais bien partager mon temps entre Paris et L.A. ( rires )
Peux-tu nous citer une chose que tu aimes et une que tu détestes à Paris et chez ses habitants ?
Il y a énormément de choses que j’apprécie ici. Ce que j’aime chez les français et les parisiens, c’est qu’ils savent qui ils sont, ils dégagent une certaine confiance en eux-mêmes qui me plaît beaucoup. Ce qui ne me plaît pas, c’est ce sentiment de racisme ambiant…mais ce n’est pas pire qu’aux US ou en Angleterre.
Faisons un tour de tes favoris du moment en matière de…
Musique ? Dirty Projectors
Littérature ? Infinite Jest par David Foster Wallace
Website ? htmlgiant.com
Théâtre ? la dernière création d’Yves-Noël Genot
Film ? je veux vraiment voir Gaspard Noe « Enter the void » (Soudain le vide)
Librairie ? Le regard moderne, place St Michel. Ils ont des livres et bandes dessinées absolument incroyables.
Quartier ? J’ai une sorte d’attirance pour Gambetta, je ne sais pas pourquoi…J’aime aussi beaucoup Bastille.
Vidéo : Dirty Projectors
Et pour finir, quel est ton point de vue sur Obama ?
Son élection fut un incroyable soulagement. Je ne pensais pas que c’était le messie, qu’il allait changer le monde…D’ailleurs nous sommes toujours en Afghanistan, les banques ont été rachetées même si elles continuent leurs erreurs. Je ne pense pas que sa réforme de couverture-santé pour tous pourra être mise en place à cause des conflits d’intérêts et de la corruption. Mais la situation s’est néanmoins clairement améliorée, les gens ne sont plus embarrassés d’être américains. Obama essaye de faire des choses radicales et je pense qu’il y a toujours de l’espoir pour les US même si on a aussi beaucoup d’idiots dans notre pays. Pour moi qui suis anarchiste, c’est un moindre mal, les vrais radicaux américains que l’on trouvait dans les années 60 ont malheureusement bel et bien disparu…
Pour plus d’informations sur Dennis Cooper :
Son site : www.denniscooper.net
Son blog : http://denniscooper-theweaklings.blogspot.com/
--
©2009 Thibaut Estellon / The French Creative Connection
©2009 Photos Jean-Marc Ruellan / mutebook.com
Merci à Sylvère Lotringer pour son soutien sur cette interview
Rejoignez-nous sur Facebook et Twitter
Pour ne pas manquer d'interviews, pensez à vous abonner par e-mail dans le cadre en haut à droite de cette page
0 comments:
Enregistrer un commentaire