mercredi 8 avril 2009

MARIE LOSIER : Artiste / Programmatrice Cinéma


Marie Losier ©Thibaut Estellon.

A une époque où le numérique écrase tout sur son passage, Marie Losier affectionne plutôt les expérimentations,le grain et l'humour surréaliste des films de la première moitié du 20ème siècle. Cultivant une passion pour la musique, elle a collaboré avec plusieurs musiciens renommés dans les milieux alternatifs, à l'image de Tony Conrad ou encore Genesis P-Orridge dont elle a réalisé des portraits-documentaires et courts métrages. Mais c'est le cinéma qui est son premier amour et elle le partage aujourd'hui au travers d'une programmation élaborée à l'Alliance Française de New York.
Lors de notre rencontre dans son atelier de Greenpoint, Marie est souvent revenue sur les rencontres qui ont marqué son parcours et l'ont guidée dans son travail artistique. Personnage d'une très grande gentillesse, pleine d'énergie et possédant un rire communicatif qu'il n'est pas rare d'entendre dans ces documentaires, elle revient ici en détail sur son travail à FIAF, sur sa perception du cinéma français dans le contexte new yorkais mais aussi sur ses réalisations et aventures artistiques.

Marie, comment t’es-tu retrouvée à New York ?
Je suis arrivée à New York il y a 15 ans. A l’époque, je venais tout juste de finir mon DEA en littérature à Nanterre et avais bénéficié d’une bourse pour faire des recherches sur la littérature et le théâtre américain. Au final, je ne suis jamais rentrée (rires).

Tu as aujourd’hui une double casquette d’artiste et de programmatrice cinéma. Peux-tu nous parler de ce que tu fais pour le French Institute Alliance Française (FIAF) de New York ?
Je suis donc programmatrice cinéma au FIAF . C’est un job que j’adore passionnément et qui me permet de vivre. Nous avons la chance d’avoir une très belle salle de 400 places et un public fidèle. Nous profitons aussi des archives incroyables du Ministère que j’intègre souvent dans la programmation. Je n’avais pas beaucoup d’expériences préalables dans ce domaine mais j’avais une connaissance et une passion très poussées du cinéma. A l’époque d’ailleurs, ce poste n’existait pas et je n’y consacrais qu’un jour par semaine. Puis, les cycles se sont étoffés, ma programmation a été reconnue et c’est finalement devenu un job à plein temps…

Quelle est la ligne directrice de ta programmation ?
Nous ne montrons pratiquement que du 35 mm, ce qui est une chance même s’il est parfois difficile de trouver des films, surtout quand la majorité des copies a disparu. Nous travaillons sur des rétrospectives, par thème ou réalisateur et chaque série est illustrée par des invités : critiques, acteurs, réalisateurs... FIAF ressemble plus à un ciné club qu’à un cinéma commercial puisqu’on a moins de pression et plus de libertés par rapport à l’élaboration de notre programmation. Bien sûr on montre moins de films contemporains puisque ceux-ci sortent d’abord en salles ou en priorité dans des salles plus prestigieuses comme le Walter Reade Theater.

Y a-t-il des rencontres qui t’ont marquée via ton travail pour FIAF ?
Je n’oublierais jamais ma rencontre avec Raoul Coutard, le Directeur de la Photographie célèbre pour son travail avec Truffaut, Godard ou Schlöndorff. C’est lui qui a inventé la caméra sur l’épaule et le style Nouvelle Vague. Je rêvais de le rencontrer depuis des années mais personne ne le connaissait ou avait son contact. Je suis finalement tombée sur un fax et j’ai décidé de photocopier et faxer ma tête en lui écrivant un petit mot gentil, innocent et naïf disant que j’aimerais vraiment faire une série sur son travail. Il a accepté…c’était extraordinaire ! (rires). Cette série fut un franc succès, nous étions tous les jours complets. En tout cas, je n’oublierai jamais cette semaine passée à me balader avec Raoul dans cette ville qu’il n’avait pas revue depuis 1972. C’est un monsieur tellement gentil, plein d’histoires, drôle à mourir, délicieux et nous sommes restés des amis proches.


Raoul Coutard sur le tournage du "Petit soldat", 1960,
Extrait d'une planche-contact © DR


Quelle est ta vision du cinéma français contemporain par rapport au cinéma américain ? Quels sont les films que tu affectionnes ?
J’aime beaucoup le cinéma d’auteur français. Je pense par exemple à Agnès Varda, Claire Denis, François Ozon, Olivier Assayas, Chantal Akerman, Laurent Cantet, Eran Kolirin, Audrey Estrougo, Yolande Moreau, Jacques Doillon, Abdel Kechiche, Benjamin Marquet, Pierre Schoeller.…. Je regarde aussi beaucoup de documentaires. J’ai un peu de mal avec le reste, ces comédies très moyennes ou ce cinéma très gore, très « police », un peu a l’américaine mais qui ne marche pas du tout. A côté de cela, il y a heureusement des perles incroyable comme les films de Nicolas Philibert…quel bonheur de voir son travail !
En ce qui concerne le cinéma américain, je vois parfois des films hollywoodiens car c’est du pur divertissement mais j’affectionne surtout le cinéma indépendant avec des gens comme Matt Wolf, Gus Van Sant, Albert Maysels, Paul Thomas Anderson,Todd Haynes, Jim Jarmush, c’est un milieu très riche créativement. Je fais souvent des découvertes incroyables au Film Forum ou au Walter Reade Theater . Récemment, j’ai adoré le film « Wild Combination: A portrait of Arthur Russell », un documentaire sur un musicien très timide, renfermé sur lui-même et en marge de la société mais reconnu par ses pairs ; un film sublime.

Comment le cinéma français est-il accueilli à New York ?
Plutôt bien étant donné que New York est une ville très francophile qui sait apprécier le cinéma français. On peut le voir chaque année avec le festival Rendez-vous with French Cinéma qui est toujours complet, ou bien encore avec le nombre très important de sorties de film français. Il ne faut pas oublier que c’est une capitale assez intello, avec beaucoup d’artistes et beaucoup d’amateurs de cinéma d’auteur. Il y a aussi parfois des premières de films français qui se passent à New York. On a par exemple projeté Villa Amalia suivi d’un débat avec Benoît Jacquot, le réalisateur, bien avant sa sortie française (ndlr, le film sort aujourd’hui en France).



Passons maintenant à ton travail d’artiste… Tu montres aujourd’hui tes films dans de nombreux festivals et institutions culturelles reconnus. Comment en es-tu arrivée là, quel a été ton parcours depuis ton arrivée à New York ?
A l’origine, j’avais suivi un Master of Fine Arts en peinture mais j’ai progressivement commencé à développer un travail orienté vers la vidéo. J’avais aussi travaillé sur des décors pour Richard Foreman, un metteur en scène de théâtre qui a changé ma vie. J’étais en contact avec un milieu d’artistes underground, beaucoup d’acteurs à l’image de Willem Dafoe ou Juliana Francis, qui évoluent dans le théâtre comme dans le cinéma. Pour la première fois, je me sentais à l’aise, tous mes amours se retrouvaient : le monde du cinéma, du théâtre et des arts plastiques. C’est ce mélange des trois qui m’intéressent le plus. Mais le cinéma a toujours été ma première passion et j’ai tout quitté pour faire mes petits films. On m’avait offert en cadeau d’anniversaire une vieille caméra Bolex. Je ne savais pas m’en servir, n’avais jamais pris de cours mais je me suis lancée. C’est devenue depuis ma meilleure amie, je ne m’en sépare jamais (rires).


Still from "Manuelle Labor", 2007 16mm, super 8, Video, B & W, silent, 10 min
© Marie Losier


Tu dis souvent que ton travail artistique est très lié avec tes amis et les rencontres que tu fais. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Oui, mes films sont souvent des histoires d’amitié puisque c’est grâce à des rencontres que les films se font et, vice versa, c’est grâce aux films que ces rencontres ont pu se faire. Toute une communauté d’amis et d’artistes m’a beaucoup poussé et aidé à faire des films, beaucoup ont également joué dans mes courts métrages. Nous programmions aussi un ciné club, Ocularis, dans Williamsburg ou nous proposions aussi bien du Godard, du cinéma expérimental, des premiers films ou encore des films avec de la musique live…cela fut aussi une source d’inspiration importante pour moi.

Tu travailles la plupart du temps toute seule sur tes projets. Quels en sont les avantages et inconvénients ?
Cela me donne beaucoup de liberté dans le tournage, le montage, la post prod. Au début, je faisais même tout toute seule puisque je posais la camera et courais devant (rires). En même temps, c’est aussi très dur de garder cette indépendance. Hors du circuit des galeries ou du cinéma commercial, il n’y a pas d’argent. Je ne vis que grâce à mon boulot au FIAF. Le peu qui me reste, je le mets dans mes films.

Paradoxalement, ton travail est de plus en plus montré aux US comme à l’étranger, n’y a-t-il pas des moments où tu te décourages ? Qu’est-ce qui te pousse à continuer ?
Oui, mes films ont été diffusés à la Tate modern, la Cinémathèque, Pompidou, P.S.1, au MAC/VAL, aux festivals du film de Berlin, Rotterdam, Seoul, Melbourne ou encore à la Whitney biennal. Pour moi, c’est extraordinaire mais cela a quand même pris des années avant que tout cela n’aboutisse. Bien sûr que je me pose beaucoup de questions et me demande parfois pourquoi je dépense tout cet argent dans ces films au lieu de prendre soin de ma vie, de ma sante, d’avoir des plaisirs. Mais en fin de compte les plaisirs passent dans la bobine, dans mes films, c’est pour cela que je vis. En ce moment, je suis en train de faire mon premier long métrage, c’est super mais je perds parfois le sens du pourquoi. J’ai un train de vie très modeste, je m’endette, tout passe là dedans (rires) mais j’ai ce bonheur de tourner, de faire des films, des rencontres. Je ne pense pas que je pourrais avoir cela dans le cinéma commercial.

En parlant de rencontres, qu’est-ce qui t’a motivée à travailler avec de nombreux artistes et musiciens qui sont la plupart du temps très loin des circuits commerciaux ?
Oui j’ai travaillé avec Genesis Breyer P-Orridge, Guy Maddin, Tony Conrad, les Kuchar Brothers…En fait je vois aussi beaucoup de concerts, j’aurais rêvé d’être musicienne mais je ne sais pas du tout me servir d’un instrument. Par contre, je sais me servir de ma caméra qui est mon mode de communication avec les autres. Les musiciens avec lesquels je travaille sont souvent des musiciens hors du circuit commercial à l’image de Tony Conrad qui est à la fois artiste-plasticien et musicien. Ce sont d’abord des rapports d’amitiés qui continuent avec la caméra, c’est une réelle collaboration, eux aussi s’amusent (rires).


Still from "Papal Broken-Dance", 2008, super 8 & Video, Color, 6 min
© Marie Losier & Bernard Yenelouis


Tu travailles en ce moment sur un long métrage, un portrait de Genesis Breyer P-Orridge, dont une version courte a été projetée samedi dernier au Centre Pompidou avant un concert de l’artiste et de son groupe Thee Majesty . Peux-tu nous parler de ce personnage quelque peu particulier, comment s’est passée votre rencontre ?
Je l’ai rencontré par hasard en lui marchant sur le pied dans un vernissage à New York (rires). Je l’avais vu la veille dans un concert d’Alan Vega pour lequel il partageait l’affiche, je ne connaissais pas sa musique mais avais adoré. On est par la suite devenu amis, ils m’ont emmenée en tournée avec eux, c’est un peu comme cela, par hasard, que ça s’est passé.
Genesis Breyer P-Orridge a inventé la musique industrielle dans les années 60 et a aussi soulevé la controverse en Angleterre avec ses performances et expositions très sexuelles et hardcore, à une époque où ce n’était pas du tout admis. Il a eu plusieurs groupes mythiques dont notamment Throbbing Gristle et Psychic TV qui ont sorti un nombre de disques incroyablement élevé (ndlr : ils sont rentrés dans le Guinness des records pour cela). C’est quelqu’un de très prolifique et complexe qui a développé avec sa femme Lady Jaye un projet un peu fou, la pandrogynie, qui vise a la création d’un personnage ni féminin ni masculin. Ils ont enduré une série d’opérations chirurgicales dans le but de se ressembler petit à petit et de fusionner pour créer ce personnage. Lui a hérité de ses seins, elle de ses joues etc.



Il y a souvent beaucoup de grain dans l'image de tes films, les couleurs et les effets sont très particuliers. Avec quels "outils" travailles-tu ?
J’utilise principalement du 16 mm, des petits bobines de 100 mètres, l’équivalent de 3 minutes de film et je filme avec une vieille Bolex du début du siècle puis je transfère en vidéo, effectue le montage en film et découpe le négatif, c’est un travail long et fastidieux… Mais la Bolex est une camera avec laquelle je travaille très bien car je ne vois pas le résultat directement. Filmer avec une camera vidéo reviendrait beaucoup moins cher mais je n’aurais pas le même rapport aux acteurs et personnages que je filme. J’aurais aussi beaucoup à apprendre techniquement, je suis un peu à la vielle école (rires).

Quelles sont tes inspirations principales ?
Le chocolat et les amis et la musique…le blues et le rock en roll ! J’ai commencé par la peinture et affectionne ce côté tactile et visuel que je peux aussi retrouver dans le cinéma muet, très libre, avec du grain, des dialogues mis sur des panneaux. Pour moi ces films sont beaucoup plus fous que le cinéma contemporain avec toutes ces choses surréalistes, ces expérimentations qui ne se font plus maintenant. Les slapstick comédies m’inspirent beaucoup ; des réalisateurs aussi comme Lubitch, Anthony Mann, Fellini, Buster Keaton, Billy Wilder, Joseph Mankievitch, Meliès, Jacques Rozier, Kenneth Anger, Maya Deren, Jack Smith, Les Kuchar Brothers, Bruce Connor, Franju et j'en passe !

Quels sont les autres projets sur lesquels tu travailles en ce moment ?
Il y a une commande à Berlin pour un film sur Jack Smith, un acteur et cinéaste américain mort du sida dans les années 80 qui réalisa notamment Flamming Creatures en 1963, un film qui a été banni de tous les cinémas à sa sortie (rires). Cette commande est un travail collaboratif avec plusieurs artistes, le film sera montré à la Cinémathèque de Berlin. C’est pour moi un projet nouveau et excitant. Je bosse aussi sur un clip vidéo pour une des nouvelles chansons de Peaches, personnage d’une énergie incroyable et d’une gentillesse infinie. Par la suite, je vais me rendre à Berlin, Varsovie, Toulouse pour d’autres projets…


Still from "Flying Saucey!" 2006; 16mm, color, sound, 11 min
© Marie Losier & Bernard Yenelouis


En quoi New York t’inspire dans ton travail ?
J’ai toujours voulu venir à New York. Quand on est étranger dans cette ville, on ne voit pas toujours tous les défauts et mauvais côtés comme je pouvais les voir quand j’habitais à Paris par exemple. Il y a aussi ici une énergie qui correspond bien à ma personnalité. Il n’y a pas ce poids de la hiérarchie, on peut frapper à la porte de quelqu’un si on a un projet. Les cultures sont différentes, les gens vous laissent votre chance, on n’est pas forcément obligé d’avoir des diplômes pour pouvoir être reconnu à sa juste valeur.
New York pour moi, c’est aussi une ville pleine de rencontres incroyables et magiques qui vous emmènent vers d’autres choses encore plus surprenantes.

Quelle est ta perception de la scène artistique locale ?
Je dirais qu’elle est divisée. Il y a plusieurs scènes qui commencent progressivement à se mélanger. On assiste de plus en plus à des cross-overs dans les disciplines. Musiciens, réalisateurs et vidéastes sont de plus en plus présents dans les galeries. Mais il y a toujours un fossé entre les galeries commerciales, style Chelsea, et le milieu plus underground.

Y a-t-il des projets particuliers sur lesquels tu aimerais travailler ?
Je souhaiterais faire quelque chose sur Melvin Van Peebles et sa musique que j’adore. On s’est rencontré plusieurs fois, c’est un vieux monsieur francophile très chaleureux. Guy Maddin, aussi, avec qui j’ai déjà collaboré sur des courts métrages. J’aimerais aussi faire plus de vidéo clips pendant un petit moment.


"Papal Broken-Dance", 2008, super 8 & Video, Color, 6 min
© Marie Losier & Bernard Yenelouis


Quel est ton quartier préféré ?
J’adore Greenpoint qui a gardé un côté authentique avec une communauté polonaise toujours très importante et des lieux supers comme The Garden, où on peut trouver beaucoup de produits européens ; Photoplay, mon vidéo store préféré, tenu par un ancien programmateur du film forum, un passionné qui a fait son magasin à son image et qui est toujours prêt à me recommander des perles incroyables. En habitant ici, je retrouve aussi un peu l’esprit initial de Williamsburg. D’une manière générale, je me suis toujours sentie bien à Brooklyn, c’est moins cher, calme, tous mes amis sont ici…

Quels sont tes lieux culturels préférés ?
Issue Project Room à Red Hook pour les concerts underground ; Light Industry , aussi à Red Hook pour le cinéma expérimental ; la St Marks Church dans le East village pour les pièces de théâtre de Richard Foreman. Di Roberti sur 10ème et 1st avenue, le plus vieux café-boulangerie-pâtisserie italien, un lieu calme et sublime avec de nombreuses mosaïques. Et bien sûr, l’ Anthology Film Archive .

Est-ce que la France te manque ?
Surtout mes amis et ma famille mais aussi le chocolat, les fromages et les pâtisseries! J’ai la chance d’y aller maintenant en touriste et de ne profiter que des meilleures choses (rires) et j'adore!

Envisages-tu le retour en France ?
Non, je ne me vois pas retourner à Paris. Si je devais quitter New York, ce serait pour Berlin ou Mexico City. On trouve des choses géniales à Paris et j'y suis bien sur très attachée mais le feeling général de la vie est assez triste, agressif et hiérarchique, avec beaucoup de gens qui se plaignent alors qu’il y a de nombreuses possibilités…c'est très personnel tout cela, mais je suis beaucoup plus heureuse à New York. Mon rêve serait de pouvoir être un jour une sorte d'oiseau basé à New York et d'aller en Europe plus souvent pour y vivre et travailler...

As-tu des recommandations pour des artistes qui souhaiteraient s'installer à New York ?
Oui New York c'est vraiment The American Dream et il y a tout pour ceux qui l'aiment et la prennent à plein corps. Il faut être direct et ne pas être feignant. La ville et la vie peuvent être très dures et très chères. Il ne faut jamais t’arrêter si tu veux arriver à quelque chose. Il faut en vouloir pour en profiter, mais c'est la ville où j'ai fait les rencontres les plus belles et inattendues, c'est la seule ville où je me sens moi-même tout le temps, sans gêne. C'est assez magique quand on sait se l'approprier...
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Pour en savoir plus sur le travail de Marie Losier, vous pouvez consulter son site www.marielosier.net et bien entendu, vous pouvez également profiter de sa super programmation à FIAF .

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©2009 Thibaut Estellon / The French Creative Connection
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